Essayer ou réussir?


On entend souvent des collaborateurs nous dire, face à une tâche compliquée ou qui leur paraît telle: "Je vais essayer". Et instinctivement on a envie de leur répondre: "Essayer ne sert à rien, il faut réussir ou ne pas le faire."

Est-ce vraiment exact? Une démarche d’essai n’est-elle pas parfois pertinente?
Bien sûr, si l’essai sert à autoriser l’échec, la démarche n’est pas vertueuse. Mais si l’essai sert à confirmer des hypothèses pour avancer sur le chemin de la réussite, au contraire, on est alors dans une vraie démarche de progrès.
Le science a-t-elle fait autre chose depuis plusieurs siècles? Chaque chercheur se lançant dans un sujet n’est-il pas dans la démarche de chercher à valider des hypothèses? Avec le risque non négligeable de découvrir que ces hypothèses sont fausses et que les conclusions ou applications qu’il imaginait ne seront jamais confirmées. Néanmoins, par sa démarche, il a participé au progrès général.
Si on rapproche ce comportement scientifique des problématiques de la stratégie d’entreprise, voilà ce qu’on observe: certaines entreprises se lancent totalement dans des projets basés sur des hypothèses; leur succès ou leur échec servira à les valider. D’autres entreprises, qui ont peut-être un instinct de survie plus fort, auront tendance à procéder par des expérimentations successives sur le marché, afin de valider leurs hypothèses et de construire ainsi leur succès, en s’adaptant constamment.
Sauf d’avoir dès le début l’idée parfaite et d’en avoir la certitude absolue, la démarche expérimentale appliquée à la stratégie d’entreprise revient souvent moins chère, diminue le risque entrepreneurial et, si elle est bien pensée, peut même accélérer le Time-to-Market.
Cette démarche peut s’appliquer à la stratégie globale d’une entreprise, mais aussi à la définition d’une offre, à la conception d’une tactique commerciale, au design d’un site marchand,…
S’il n’est pas toujours suffisant d’essayer de réussir, il est toujours plus pertinent d’essayer pour réussir.

Il vous faut plusieurs pitchs!


Expliqueriez-vous de la même manière votre activité à votre grand-mère ou à un PDG du CAC 40? Bien sûr que non!

Et de la même manière, à moins d’être sur un marché particulièrement de niche, il ne sera certainement pas pertinent de présenter votre offre de valeur de la même manière à tous vos prospects.

D’ailleurs, à force d’y réfléchir, vous savez bien qu’il existe de nombreux éclairages différents à partir desquels vous pouvez décider de présenter votre offre.

Une fois ce constat realisé, trois solutions s’offrent à vous:

  • vous pouvez choisir d’improviser et de créer un nouveau pitch pour chaque nouveau prospect rencontré, au risque d’être souvent inégal et de rendre votre approche inaccessible à vos équipes commerciales qui n’ont pas forcément votre recul et votre créativité;
  • vous pouvez décider de concevoir un pitch unique présentant le meilleur compromis entre les différents éclairages possibles et les différentes attentes possibles de vos prospects, puis de le répéter en boucle… et s’y intéresse qui pourra;
  • vous pouvez décider de mettre en place une approche pitch/cible et segmenter vos différentes cibles avant de concevoir un pitch adapté à chacune d’elles, finement ciselé en fonction de ce que chacune de vos cibles à besoin d’entendre pour s’intéresser à ce que vous avez à dire.

Qu’elle approche vous semble la meilleure?

3 astuces pour concevoir un pitch commercial


Savez-vous présenter votre societe et votre value proposition en 3 phrases maximum sans entrer dans un inventaire à la Prévert dont l’exhaustivité vous rassurera mais fera fuir votre interlocuteur?

Si non, cet article vous intéressera. Si oui, je vous invite à vérifier que votre pitch intègre déjà les 3 conseils ci-dessous:

  • Ne parlez pas de vous

En tout cas, pas au démarrage. La plupart des pitchs que j’entends sont construits ainsi: voilà (1) qui je suis, (2) ce que je fais et (3) comment je le fais mieux que les autres.

Mettez-vous un instant à la place de votre interlocuteur. Qu’est-ce qui l’intéresse le plus? Qui vous êtes ou comment vous pouvez l’aider à résoudre ses problèmes? Vous? Ou lui?

À moins de vous adresser à un parfait altruiste, il est plus que probable que votre interlocuteur s’intéresse instinctivement plus à lui même qu’à vous. Alors faites lui plaisir et utilisez cela à votre avantage: au lieu de vous raconter, expliquez lui auxquels de ses problèmes vous allez apporter une réponse.

Vous verrez qu’il vous écoutera tout de suite avec plus d’intérêt.

  • N’essayez pas de tout dire

Si le pitch ne fait que trois phrases, c’est parce qu’il n’a pas pour but d’être exhaustif mais juste de susciter la curiosité et d’ouvrir le dialogue.

Si on parle souvent d’elevator pitch, c’est parce que vous êtes supposé être capable de présenter votre offre, pendant le déplacement d’un ascenseur entre 2 étages et de donner envie à votre interlocuteur lorsque les portes s’ouvrent, de vous dire "Venez dans mon bureau et dites m’en plus!"

Le but du pitch est donc d’amener votre interlocuteur à se poser des questions. Il doit donc contenir des idées intéressantes et des sous-entendus frappants qui ouvrent au dialogue et au questionnement.

Il ne faut pas envisager le pitch comme une introduction à une longue présentation de votre offre. Au contraire, à la fin du pitch, il faut rendre la parole à votre interlocuteur qui doit avoir envie de vous poser des questions ou, au moins, de vous demander d’en savoir plus.

  • Evitez les mots universels et les promesses gratuites

Il y a des mots qui veulent dire tant de choses qu’ils perdent tout leur sens dans une présentation trop générale: "consulting", "marketing", "stratégie" par exemple sont des mots qui ne peuvent être utilisés sans être redéfinis tant les manières de les interpréter peuvent varier. Or le pitch n’est pas le moment des définitions. Il est donc important de trouver une formulation suffisamment précise et concrète pour éviter les quiproquos ou l’ennui de votre interlocuteur qui pourrait vous voir comme un n-ième fournisseur (car sa première réaction intellectuelle sera de vous faire rentrer dans une case et de vous rapprocher d’offres qu’il connait déjà, et ce quelque soit vos efforts pour vous différencier).

De même les adjectifs gratuits et autres formes de promesses sont à éviter sauf d’avoir prévu de les démontrer ensuite. Par exemple, si vous expliquez que vous êtes réactif et adaptable et que vous valorisez la qualité de la relation client, cela ne signifiera rien si vous ne le démontrez pas par des faits, sinon dans le pitch du moins peu de temps après dès les premiers échanges.

À vous maintenant de savoir vous présenter en quelques mots…

BUSINESS MODEL Nouvelle génération


Après la "Stratégie Océan bleu : comment créer de nouveaux espaces stratégiques", voici le nouveau Best-Seller des aficionados des livres de stratégie et autres ouvrages du parfait dirigeant et directeur de la stratégie ou du développement : Business Model: Nouvelle Génération.

Le contenu de cet ouvrage n’est pourtant pas révolutionnaire. Nous connaissons d’ailleurs (pour ceux qui s’intéressent au sujet) l’ensemble des concepts présentés dans le livre. Son intérêt ne réside donc pas tant dans son contenu que dans la méthodologie qu’il propose. A travers une matrice de modèle économique particulièrement intéressante, les auteurs nous proposent un parcours de questionnements, de réflexions et de techniques permettant d’aboutir à la construction de modèles économiques "novateurs".

Accessible et orienté terrain, ce guide peut s’avérer un véritable outil d’aide à la décision pour vos stratégies. Couplé avec la stratégie Océan bleu, ce guide peut même s’avérer être un catalyseur d’innovation pour votre structure.

Cet ouvrage est donc particulièrement intéressant pour …

  • Son format : original et ludique, le format du livre dépoussière nos habitudes et rend la lecture attractive ;
  • Sa matrice du modèle économique : pédagogique et relativement complète, la matrice du modèle économique permet d’aborder votre entreprise comme un ensemble cohérent ;
  • Son côté opérationnel : l’ouvrage s’appuie sur des exemples concrets et ne reste pas dans une approche théorique. Ce pragmatisme vous permet de projeter les concepts stratégiques présentés au sein de votre organisation ;
  • Sa méthode de production : les auteurs ont appliqué leur méthodologie pour concevoir l’ouvrage, 470 co-auteurs ont ainsi participé à la construction de ce livre.

… Mais on peut lui reprocher :

  • Son manque d’exhaustivité : l’absence de certaines typologies de modèles économiques empêche le lecteur néophyte d’avoir une réflexion complète sur son modèle économique ;
  • De "surfer" sur la mode de la stratégie Océan Bleu : les auteurs de ""BUSINESS MODEL Nouvelle génération" font référence à  la stratégie Océan Bleu et leur méthodologie semble particulièrement efficace si et seulement si le parallèle avec la stratégie Océan Bleu est réalisé. Or et malgré l’intérêt que l’on porte à cet ouvrage, il est à craindre que que cette théorie homogénéise et cannibalise l’ensemble des réflexions actuelles autour des modèles économiques et de la stratégie d’entreprise. Les sources d’inspiration autour de ces sujets sont évidemment plus nombreux et on ne peut que regretter cet effet de mode "Océan Bleu" et l’harmonisation des stratégies qui en découle.

Pour conclure, BUSINESS MODEL Nouvelle génération est un livre a posséder dans sa bibliothèque pour ouvrir ses réflexions et le champ des possibles mais il ne vous suffira pas à identifier vos axes de croissance et à les mettre en œuvre. Pour cela, seul votre travail et l’étude approfondie de votre entreprise, de votre marché et de vos particularités vous permettront de trouver le chemin du succès!

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